La Sezione tributaria de la Cour de cassation revient sur le délai dilatoire du Statuto dei diritti del contribuente (charte des droits du contribuable) : ce qui compte, c’est la date de signature de l’acte, et non celle de sa notification. Effets sur les instances encore pendantes.
L’article 12, alinéa 7, de la loi 212/2000 interdisait d’émettre l’avviso di accertamento (avis de rectification) avant l’écoulement d’un délai de soixante jours à compter de la remise du processo verbale di constatazione (pvc, procès-verbal de constatation) : les Sezioni Unite (chambres réunies), par l’arrêt n° 18184 de 2013, en ont déduit l’irrégularité de l’acte émis ante tempus, sauf urgence démontrée. La Sezione tributaria, par l’arrêt n° 23073 de 2026, précise que le délai est méconnu dès lors que l’acte est signé avant le soixantième jour, quand bien même la notification interviendrait après l’échéance.
La disposition a été abrogée par le décret législatif 219/2023, mais elle continue de régir les actes émis jusqu’au 29 avril 2024, aujourd’hui encore en contentieux ; pour les actes postérieurs, c’est l’article 6-bis, alinéa 3, qui s’applique. Le conseil comparera la date de signature de l’avis et celle de la remise du pvc : si l’écart est inférieur à soixante jours, le vice doit être soulevé dans le ricorso introduttivo (requête introductive d’instance), à notifier dans les soixante jours de la notification de l’avis, car le juge ne peut le relever d’office.
Deux précisions utiles devant le juge : l’imminence de l’expiration du délai de reprise (termine di decadenza) ne caractérise pas, à elle seule, le motif d’urgence justifiant l’émission anticipée de l’acte, et l’absence d’observations du contribuable est sans incidence, celui-ci ayant droit à l’intégralité du délai dilatoire. Le même arrêt relève toutefois que cette orientation, bien que majoritaire, ne fait pas l’unanimité au sein de la Sezione tributaria.